Comprendre le handicap
Définition du handicap
« On entend par personnes handicapées, des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres. Cette notion élargie du handicap comprend le handicap moteur, les maladies chroniques ou invalidantes, le handicap visuel, le handicap auditif, le handicap intellectuel, le polyhandicap, les troubles psychiques, les troubles du spectre autistique et les troubles de l’apprentissage. La notion de handicap est évolutive et systématique. En effet, le handicap évolue en fonction des adaptations ou des obstacles environnementaux. » (Unia)
Le handicap peut être visible ou invisible.
Que signifie le handicap invisible ?
Le handicap invisible se réfère à un handicap qui n’est pas facilement détectable et qui ne devient apparent que lorsque la personne concernée en parle. Les troubles concernés sont variés, rendant ce terme applicable à une diversité de situations.
On estime que, contrairement aux idées reçues, seulement 2 % des personnes handicapées sont en fauteuil roulant, tandis que 80 % des handicaps déclarés sont invisibles. Ces handicaps peuvent inclure des déficiences visuelles ou auditives, des troubles mentaux, des troubles d’apprentissage tels que la dyslexie ou la dyspraxie, ainsi que des maladies chroniques.
Les personnes avec un handicap invisible rencontrent souvent des difficultés à être reconnues comme handicapées par leur entourage. Les obstacles auxquels elles sont confrontées dans les activités quotidiennes ne sont pas toujours compris par celles et ceux qui les entourent. (Handinorme)
Personne « handicapée » ou « en situation de handicap »
Le terme « personne en situation de handicap » a l’avantage de mettre l’accent sur la situation de la personne plutôt que sur ses caractéristiques personnelles, ainsi que sur l’importance d’agir sur son environnement physique et social pour prévenir de telles situations. Selon ce terme, si l’environnement physique et social est adapté, il n’y a pas de situation de handicap. Cependant, cette expression ne fait pas l’unanimité auprès des personnes concernées par le handicap, car :
- Ce terme est un peu trop idéaliste et ne prend pas en compte la réalité des personnes handicapées : même si l’environnement est adapté, le handicap est toujours présent.
- L’expression crée un tabou autour de l’utilisation des mots liés au handicap : handicapé·e, sourd·e, aveugle, etc., ne sont pas des mots interdits ou insultants.
- Le handicap fait partie de la personne, ce n’est pas quelque chose d’extérieur à elle, mais cela ne la définit pas non plus.
- Ce n’est pas en ces termes que certaines personnes handicapées souhaitent parler d’elles-mêmes : elles veulent se réapproprier les mots, visibiliser leur présence et existence. Sur base de ces éléments et après discussion avec plusieurs personnes concernées, chez Les Scouts nous privilégions l’utilisation du terme « personne handicapée » sans oublier qu’il appartient à chacun·e de se définir comme il ou elle le souhaite.
Intégration, inclusion ou spécialisation
Il existe plusieurs manières d’accueillir des personnes handicapées au sein d’un groupe. Aucune d'entre elles n’est « mauvaise », elles répondent à des besoins différents.
Intégration
- Principe : « Tu peux venir, si tu t’adaptes à notre fonctionnement. »
- La personne rejoint un groupe « ordinaire », avec quelques aménagements. Mais le cadre général reste pensé pour des personnes valides.
- Exemple : un jeune en fauteuil roulant rejoint une unité scoute « ordinaire ». On lui installe une rampe et on adapte un jeu ou deux, mais la plupart des activités restent inchangées et donc pensées pour des jeunes valides. Le jeune « s’intègre » dans le groupe, mais celui-ci ne se transforme pas vraiment.
Inclusion
- Principe : « C’est à nous d’adapter notre fonctionnement pour que tout le monde puisse participer. »
- Le groupe réfléchit dès le départ à la manière dont chacun·e peut participer. On adapte les lieux, les activités et les façons de jouer. On ne demande pas à la personne handicapée de « rentrer dans le moule » : on change le moule.
- Exemple : l’unité prévoit plusieurs manières de participer à un même jeu, choisit des lieux accessibles pour la personne handicapée, et valorise la coopération plutôt que la performance. Tout le monde apprend les uns des autres, valides ou non.
Spécialisation
- Principe : « On crée un cadre spécifique pour répondre à des besoins particuliers. »
- Des groupes ou sections spécialisés accueillent des jeunes handicapés. Avec du matériel, un rythme et un accompagnement adaptés.
- Exemple : une section spécialisée propose des activités pensées dès le départ pour les différents types de handicap : on adapte les outils, le rythme et la façon de participer pour que chacun·e puisse vivre pleinement le scoutisme selon ses besoins.
Chez Les Scouts, nous soutenons les trois modèles (intégration, inclusion et spécialisation) tant qu’ils permettent à chaque jeune de vivre pleinement le scoutisme.
Autodétermination et consentement
Avoir une place au sein d’un groupe ne suffit pas : il faut aussi pouvoir choisir comment participer aux activités au sein de ce groupe.
Pendant longtemps, les personnes handicapées ont été vues comme des personnes à aider ou à protéger. Mais décider à la place de quelqu’un, même avec de bonnes intentions, c’est lui enlever le pouvoir de choisir.
S’autodéterminer, c’est :
- pouvoir faire ses propres choix ;
- être écouté·e sans jugement ;
- avoir un environnement qui rend ces choix possibles.
Pour que chacun·e puisse faire ses choix, il faut aussi que le groupe le permette.
Le consentement, c’est pouvoir dire « oui », « non » ou « je ne sais pas encore », et que cela soit respecté.
Quand on décide à la place de quelqu’un parce qu’on pense qu’il ou elle n’est pas capable, c’est une forme de validisme.
Exemples de situations de non-respect de l’autodétermination ou du consentement :
- On prend des décisions pour le jeune sans le consulter.
- On le force à participer à une activité qu’il a refusée.
- On parle à sa place devant le groupe ou les parents.
Que faire si ça arrive ?
- S’adresser directement à la personne concernée, pas à son parent ou accompagnant·e.
- Lui redonner la possibilité de choisir.
- Éviter de décider à sa place, même avec des bonnes intentions.
Pour aller plus loin, voir la section Conseils pour réagir face à une discrimination.
En résumé
- Chez Les Scouts, nous privilégions le terme « personne handicapée ».
- L’inclusion, l’intégration et la spécialisation rendent la participation possible. Les Scouts soutiennent les trois modèles.
- L’autodétermination rend la participation choisie.
- Le consentement rend la participation respectueuse.
Pour aller plus loin
Pour en apprendre davantage sur les différents types de handicap et leurs implications spécifiques dans le contexte du scoutisme, découvre les fiches d'Andy.
Sensibiliser au handicap
Sensibiliser les jeunes au handicap, c’est une manière concrète de mettre en pratique les valeurs scoutes et d'aider le groupe à mieux comprendre les différentes réalités de vie, à s’adapter, à chercher ensemble des solutions pour que chacun·e puisse participer pleinement.
Cette sensibilisation est aussi un moyen simple et concret de déconstruire les préjugés : en rencontrant, en jouant, en collaborant, les jeunes apprennent naturellement à accueillir la différence et à développer une attitude juste, confiante et respectueuse.
Pour favoriser cette inclusion et déconstruire les préjugés, nous te proposons une animation clé sur porte : le Parcours d'Andy. Elle est pensée pour être simple à mettre en place, en section ou même à l’échelle de l’unité, sans devoir te procurer de matériel spécifique.
Le Parcours d'Andy
La malle d’Andy, une malle pédagogique à ta disposition
Pour enrichir l’animation Parcours d'Andy ou proposer d’autres formes de sensibilisation, Les Scouts ont également créé la malle sur le handicap, que tu peux emprunter sur demande par ici (à réserver 15 jours à l'avance). Tu peux ensuite venir la chercher au siège de la fédération (21, rue de Dublin à Ixelles) ou à Courrière, pour une durée d'emprunt de maximum un mois.
Cette malle rassemble des outils pratiques qui peuvent t’aider à varier les activités ou à approfondir certains aspects. Ces outils peuvent donc être utilisés dans l’animation Parcours d'Andy ou de manière totalement indépendante.
Lutter contre les discriminations liées au handicap
Sur le terrain, il arrive que des situations te déstabilisent : une remarque maladroite, un·e jeune qu’on oublie de consulter, une activité mal adaptée… Cette section te donne des repères concrets pour comprendre les discriminations liées au handicap, et pouvoir réagir avec respect, bienveillance et en cohérence avec les valeurs scoutes.
Comprendre les discriminations liées au handicap
C’est quoi le validisme ?
Le validisme, c’est le fait de penser (souvent sans s’en rendre compte) que les personnes valides représentent la norme. Il fait penser que les personnes handicapées sont « moins capables », « à aider » ou « extraordinaires malgré tout ». Comme le sexisme ou le racisme, c’est une forme d’oppression et cela crée des inégalités et des injustices : elle se retrouve dans les bâtiments, les médias, les écoles, les loisirs… et au sein des unités scoutes.
Les trois formes de validisme :
- Le validisme frontal : direct et visible, il exclut clairement.
Exemples : « Ce n’est pas fait pour toi. »/« Tu ne pourras pas suivre. » - Le validisme bienveillant : plus discret, il part d’une bonne intention, mais prive la personne de son autonomie.
Exemples : « Laisse, je vais le faire pour toi. »/« Pas la peine de lui demander son avis. »
Il se manifeste notamment lorsque l’on décide à la place de la personne ou que l’on ne respecte pas son consentement. - Le validisme héroïque : il met la personne handicapée sur un piédestal, comme si vivre ou réussir « malgré tout » était exceptionnel. Ce regard « admiratif » garde en réalité la norme valide comme référence.
C’est quoi la handiphobie ?
La handiphobie, c’est une attitude individuelle : une moquerie, une peur ou un rejet du handicap. Elle fait partie du validisme, qui lui agit à une échelle plus large, dans les mentalités et les structures.
Dans tous les cas, le résultat est le même : la personne perd du pouvoir sur sa propre vie.
Réagir face à une discrimination validiste ou handiphobe
Il est possible que tu entendes ou observes des propos ou des situations problématiques, souvent sans mauvaise intention, mais cela reste blessant et discriminant. Ne laisse pas passer, il faut réagir et en parler.
Pour t’aider, tu peux consulter le document Réagir face à une discrimination.
En prévention ou en réaction à une discrimination liée au handicap, tu peux prévoir un temps de sensibilisation sur le sujet. Des animations clé-sur-porte sont disponibles dans la section Sensibiliser au handicap.
Ressources pour te soutenir
Outils Les Scouts
Pour le conseil d’unité
Pour sensibiliser les scout·es
- L’animation du Parcours d'Andy adaptée à chaque branche :
- La malle pédagogique d'Andy afin d’obtenir des outils supplémentaires sur le handicap, à utiliser seuls, ou avec le Parcours d'Andy.
Pour aider l’inclusion des scout·es handicapé.es
Outils d’autres associations
Adapt'Sport (Altéo 2025) : près de 200 fiches concernant le sport adapté. Ces fiches t'informent sur les différents types de handicap et les attentions à porter dans le cadre d'une pratique sportive. Elles proposent aussi des activités sportives adaptées clé en main.
Playdagogie :
- Changement de regard sur le handicap : kit de 6 séances permettant aux enfants de 8 à 12 ans de mieux comprendre le handicap et ses conséquences sur les personnes déficientes, afin de changer de regard et de développer des comportements plus inclusifs envers elles.
- Handicap – Inclusion : kit de 5 séances permettant de comprendre l'importance et les moyens d'une inclusion active dans les apprentissages et les loisirs, pour favoriser l'équité dans et en dehors de l'école.
Ocarina : une boite à outils à destination des animateurs et animatrices pour améliorer l’accueil et l’inclusion des personnes handicapées.
Brochure Surdité et loisirs : document édité par Cree Asbl et l'Apedaf, reprenant des pistes pour faciliter l’inclusion des personnes sourdes.
Fédération Française des DYS : le jeu de l’Oie des DYS, pour sensibiliser aux difficultés rencontrées par les porteurs de troubles cognitifs spécifiques tout au long de leur vie.
L'ASBL Badje : dossier ENSEMBLE, CONSTRUISONS DES LOISIRS PLUS INCLUSIFS !
Pour aller plus loin
Demande d'emprunt de la malle d’Andy – sensibilisation au handicap
La malle d'Andy rassemble des outils pratiques qui peuvent t’aider à varier les activités sur la thématique du handicap, ou à approfondir certains aspects.
Il y a une malle générale de sensibilisationau handicap et cinq malles thématiques, en lien avec les couleurs du drapeau des fiertés du handicap :
- Rouge → Diversités motrices : usage d’un fauteuil/canne/orthèses, ou difficultés de mobilité.
- Jaune → Neurodiversité : TSA, TDAH, troubles “dys”, etc.
- Blanc → Diversités invisibles : douleurs chroniques, maladies invalidantes, fatigues, épilepsie...
- Bleu → Diversités psychiques : dépression, anxiété, bipolarité, schizophrénie, etc.
- Vert → Diversités sensorielles : surdité, malvoyance, hypersensibilités sensorielles, etc.