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Handicap

Chez Les Scouts, on accueille tout le monde ! C’est à la fois un défi et un enrichissement pour toutes et tous : jeunes et adultes. C’est une manière de contribuer à la construction d’une société plus juste et solidaire, où chacun·e trouve sa place. 

Sur cette page tu trouveras  :

Une autre page est dédiée aux outils et conseils pour accueillir une personne handicapée dans ta section :

Accueillir une personne handicapée

Mieux comprendre le handicap

Définition du handicap

« On entend par personnes handicapées, des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres. Cette notion élargie du handicap comprend le handicap moteur, les maladies chroniques ou invalidantes, le handicap visuel, le handicap auditif, le handicap intellectuel, le polyhandicap, les troubles psychiques, les troubles du spectre autistique et les troubles de l’apprentissage. La notion de handicap est évolutive et systématique. En effet, le handicap évolue en fonction des adaptations ou des obstacles environnementaux. » (Unia)

Le handicap peut être visible ou invisible.

Que signifie le handicap invisible ?

Le handicap invisible se réfère à un handicap qui n’est pas facilement détectable et qui ne devient apparent que lorsque la personne concernée en parle. Les troubles concernés sont variés, rendant ce terme applicable à une diversité de situations. 

On estime que, contrairement aux idées reçues, seulement 2 % des personnes handicapées sont en fauteuil roulant, tandis que 80 % des handicaps déclarés sont invisibles. Ces handicaps peuvent inclure des déficiences visuelles ou auditives, des troubles mentaux, des troubles d’apprentissage tels que la dyslexie ou la dyspraxie, ainsi que des maladies chroniques.

Les personnes avec un handicap invisible rencontrent souvent des difficultés à être reconnues comme handicapées par leur entourage. Les obstacles auxquels elles sont confrontées dans les activités quotidiennes ne sont pas toujours compris par celles et ceux qui les entourent. (Handinorme)

Personne « handicapée » ou « en situation de handicap »

Le terme « personne en situation de handicap » a l’avantage de mettre l’accent sur la situation de la personne plutôt que sur ses caractéristiques personnelles, ainsi que sur l’importance d’agir sur son environnement physique et social pour prévenir de telles situations. Selon ce terme, si l’environnement physique et social est adapté, il n’y a pas de situation de handicap. Cependant, cette expression ne fait pas l’unanimité auprès des personnes concernées par le handicap, car : 

  • Ce terme est un peu trop idéaliste et ne prend pas en compte la réalité des personnes handicapées : même si l’environnement est adapté, le handicap est toujours présent. 
  • L’expression crée un tabou autour de l’utilisation des mots liés au handicap : handicapé·e, sourd·e, aveugle, etc., ne sont pas des mots interdits ou insultants. 
  • Le handicap fait partie de la personne, ce n’est pas quelque chose d’extérieur à elle, mais cela ne la définit pas non plus. 
  • Ce n’est pas en ces termes que certaines personnes handicapées souhaitent parler d’elles-mêmes : elles veulent se réapproprier les mots, visibiliser leur présence et existence. Sur base de ces éléments et après discussion avec plusieurs personnes concernées, chez Les Scouts nous privilégions l’utilisation du terme « personne handicapée » sans oublier qu’il appartient à chacun·e de se définir comme il ou elle le souhaite.

Intégration, inclusion ou spécialisation

Il existe plusieurs manières d’accueillir des personnes handicapées au sein d’un groupe. Aucune d'entre elles n’est « mauvaise », elles répondent à des besoins différents.

Intégration 

  • Principe : « Tu peux venir, si tu t’adaptes à notre fonctionnement. »
  • La personne rejoint un groupe « ordinaire », avec quelques aménagements. Mais le cadre général reste pensé pour des personnes valides.
  • Exemple : un jeune en fauteuil roulant rejoint une unité scoute « ordinaire ». On lui installe une rampe et on adapte un jeu ou deux, mais la plupart des activités restent inchangées et donc pensées pour des jeunes valides. Le jeune « s’intègre » dans le groupe, mais celui-ci ne se transforme pas vraiment.

Inclusion

  • Principe : « C’est à nous d’adapter notre fonctionnement pour que tout le monde puisse participer. »
  • Le groupe réfléchit dès le départ à la manière dont chacun·e peut participer. On adapte les lieux, les activités et les façons de jouer. On ne demande pas à la personne handicapée de « rentrer dans le moule » : on change le moule.
  • Exemple : l’unité prévoit plusieurs manières de participer à un même jeu, choisit des lieux accessibles pour la personne handicapée, et valorise la coopération plutôt que la performance. Tout le monde apprend les uns des autres, valides ou non. 

Spécialisation

  • Principe : « On crée un cadre spécifique pour répondre à des besoins particuliers. »
  • Des groupes ou sections spécialisés accueillent des jeunes handicapés. Avec du matériel, un rythme et un accompagnement adaptés.
  • Exemple : une section spécialisée propose des activités pensées dès le départ pour les différents types de handicap : on adapte les outils, le rythme et la façon de participer pour que chacun·e puisse vivre pleinement le scoutisme selon ses besoins.

Chez Les Scouts, nous soutenons les trois modèles (intégration, inclusion et spécialisation) tant qu’ils permettent à chaque jeune de vivre pleinement le scoutisme.

Autodétermination et consentement

Avoir une place au sein d’un groupe ne suffit pas : il faut aussi pouvoir choisir comment participer aux activités au sein de ce groupe.

Pendant longtemps, les personnes handicapées ont été vues comme des personnes à aider ou à protéger. Mais décider à la place de quelqu’un, même avec de bonnes intentions, c’est lui enlever le pouvoir de choisir.

S’autodéterminer, c’est :

  • pouvoir faire ses propres choix ;
  • être écouté·e sans jugement ;
  • avoir un environnement qui rend ces choix possibles.

Ce n’est pas qu’une question personnelle, c’est collectif : tout le monde peut aider à créer les conditions pour que chacun·e décide pour soi.

Le consentement, c'est la boussole : c’est dire « oui », « non » ou « je ne sais pas encore », et que ce soit entendu et respecté.

Exemple : un·e jeune ne souhaite pas participer à une veillée bruyante. Plutôt que de dire « Allez, viens, ça te fera du bien ! », on peut dire : « D’accord. Tu veux qu’on te prévienne quand ce sera plus calme ? ».
 

Validisme et handiphobie

Le validisme, c’est le système qui fait croire qu’être valide est la norme. Il fait penser que les personnes handicapées sont « moins capables », « à aider » ou « extraordinaires malgré tout ». Comme le sexisme ou le racisme, c’est une forme d’oppression : elle se retrouve dans les bâtiments, les médias, les écoles, les loisirs… et au sein des unités scoutes.

Les trois formes de validisme :

  • Le validisme frontal : direct et visible, il exclut clairement. 
    Exemples : « Ce n’est pas fait pour toi. »/« Tu ne pourras pas suivre. »
  • Le validisme bienveillant : plus discret, il part d’une bonne intention, mais prive la personne de son autonomie.
    Exemples : « Laisse, je vais le faire pour toi. »/« Pas la peine de lui demander son avis. »
  • Le validisme héroïque : il met la personne handicapée sur un piédestal, comme si vivre ou réussir « malgré tout » était exceptionnel. Ce regard « admiratif » garde en réalité la norme valide comme référence.

La handiphobie, c’est une attitude individuelle : une moquerie, une peur ou un rejet du handicap. Elle fait partie du validisme, qui lui agit à une échelle plus large, dans les mentalités et les structures.

Dans tous les cas, le résultat est le même : la personne perd du pouvoir sur sa propre vie.

 

 

En résumé

  • Chez Les Scouts, nous privilégions le terme « personne handicapée ».
  • L’inclusion, l’intégration et la spécialisation rendent la participation possible. Les Scouts soutiennent les trois modèles.
  • L’autodétermination rend la participation choisie.
  • Le consentement rend la participation respectueuse.

Pour aller plus loin

Pour en apprendre davantage sur les différents types de handicap et leurs implications spécifiques dans le contexte du scoutisme, découvre les fiches d'Andy.

Les fiches d'Andy

Conseils pour réagir sur le terrain et adopter la bonne posture 

Comprendre l’inclusion, c’est essentiel. Mais sur le terrain, il arrive que des situations te déstabilisent : une remarque maladroite, un·e jeune qu’on oublie de consulter, une activité mal adaptée… Ce chapitre te donne des repères concrets pour réagir avec respect, bienveillance et en cohérence avec les valeurs scoutes.

Conseils pour réagir à des propos validistes ou handiphobes

Il est possible que tu aies ou que tu entendes des propos validistes ou handiphobes, souvent sans mauvaise intention, mais cela reste blessant et discriminant. L’important, c’est de ne pas laisser passer ces propos sans réagir, et d’en parler. 

1. Réagir sans agresser

Le but n’est pas de punir, mais de faire réfléchir.

Exemple : 

  • « Ce que tu viens de dire peut sembler banal, mais ça peut blesser. On essaie de ne pas réduire une personne à son handicap. »
  • « Tu sais, cette phrase suppose qu’il ne peut pas décider pour lui-même. »

2. Nommer le problème

Utiliser le mot « validisme » permet de rendre visible la discrimination : « C’est une remarque validiste ; on peut essayer de reformuler autrement ? ».

3. Donner un cadre éducatif

  • Transformer la situation en moment pédagogique en discutant sur les représentations du handicap et la prise de conscience. 
  • Reconnaitre ses propres maladresses/propos.

4. Soutenir la personne visée

  • Toujours vérifier comment elle se sent.
  • Lui redonner la parole et la légitimité : « Tu veux en parler ? Tu veux qu’on clarifie avec le groupe ? ».

5. Faire un suivi d’équipe

Quelques phrases utiles

  • « Ce n’est pas une question de courage, c’est une question d’accès. »
  • « On ne fait pas à la place de, on fait avec. »
  • « Tout le monde a besoin d’un coup de main parfois, pas seulement les personnes handicapées. »
     

Conseils pour respecter l’autodétermination et le consentement

Si tu constates une situation de non-respect de l’autodétermination et le consentement, comme par exemple :

  • On prend des décisions pour le jeune sans le consulter.
  • On le force à participer à une activité qu’il a refusée.
  • On parle à sa place devant le groupe ou les parents.

Voici des exemples de postures que tu peux adopter :

1. Intervenir avec calme et respect

  • Revenir au fait que « La personne est actrice de son propre chemin ».
  • Exemple : « Est-ce qu’on peut lui demander directement ce qu’il ou elle en pense ? ».

2. Redonner la parole à la personne concernée

  • S’adresser à elle, pas à son parent ou accompagnant·e.
  • Utiliser des supports de communication si besoin (pictos, gestes, objets).

3. Soutenir le droit à l’erreur et à l’essai

  • Autodétermination ne veut pas dire tout réussir seul.
  • On peut accompagner sans priver de choix : « Tu veux essayer ? Je reste à côté si tu veux. »

4. Sensibiliser l’équipe

  • Expliquer la différence entre protéger et empêcher.
  • Former les scout·es à la communication inclusive et à la notion de consentement via l'outil Parcours de la diversité des Scouts (voir section Sensibiliser plus bas).

5. Si le problème persiste

  • En parler à l’équipe d’unité et signaler toute situation où la personne est mise en danger ou humiliée.

Sensibiliser tes scout·es à la thématique du handicap

Sensibiliser les jeunes au handicap, c’est une manière concrète de mettre en pratique les valeurs scoutes et d'aider le groupe à mieux comprendre les différentes réalités de vie, à s’adapter, à chercher ensemble des solutions pour que chacun·e puisse participer pleinement.

Cette sensibilisation est aussi un moyen simple et concret de déconstruire les préjugés : en rencontrant, en jouant, en collaborant, les jeunes apprennent naturellement à accueillir la différence et à développer une attitude juste, confiante et respectueuse.

Pour favoriser cette inclusion et déconstruire les préjugés, nous te proposons une animation clé-sur-porte : Le Parcours de la diversité. Elle est pensée pour être simple à mettre en place, en section ou même à l’échelle de l’unité, sans devoir te procurer de matériel spécifique. 

Le Parcours de la diversité :

La malle d’Andy, une malle pédagogique à ta disposition

Pour enrichir l’animation Parcours de la diversité ou proposer d’autres formes de sensibilisation, Les Scouts ont également créé la malle sur le handicap, que tu peux emprunter sur demande par ici. Tu peux ensuite venir la chercher au siège de la fédération (21, rue de Dublin à Ixelles) ou à Courrière.

Cette malle rassemble des outils pratiques qui peuvent t’aider à varier les activités ou à approfondir certains aspects. Ces outils peuvent donc être utilisés dans l’animation Parcours de la diversité ou de manière totalement indépendante.
 

Andy_malle
Découvre le contenu de la malle

Ressources complémentaires pour te soutenir

Outils Les Scouts

Pour le conseil d’unité 

KIT CU handicap (2025)

Pour sensibiliser les scout.es 

  • L’animation Parcours de la diversité adaptée à chaque branche du Mouvement (2025).
  • La malle pédagogique d'Andy afin d’obtenir des outils supplémentaires sur le handicap,  à utiliser seuls, ou avec le Parcours de la diversité.

Pour aider l’inclusion des scout.es handicapé.es

Outils d’autres associations

Adapt'Sport (Altéo 2025) : près de 200 fiches concernant le sport adapté. Ces fiches t'informent sur les différents types de handicap et les attentions à porter dans le cadre d'une pratique sportive. Elles proposent aussi des activités sportives adaptées clé en main.

Playdagogie

  • Changement de regard sur le handicap : kit de 6 séances permettant aux enfants de 8 à 12 ans de mieux comprendre le handicap et ses conséquences sur les personnes déficientes, afin de changer de regard et de développer des comportements plus inclusifs envers elles.
  • Handicap – Inclusion : kit de 5 séances permettant de comprendre l'importance et les moyens d'une inclusion active dans les apprentissages et les loisirs, pour favoriser l'équité dans et en dehors de l'école.

Ocarina : une boite à outils à destination des animateurs et animatrices pour améliorer l’accueil et l’inclusion des personnes handicapées.

Brochure Surdité et loisirs : document édité par Cree Asbl et l'Apedaf, reprenant des pistes pour faciliter l’inclusion des personnes sourdes.

Fédération Française des DYS : le jeu de l’Oie des DYS, pour sensibiliser aux difficultés rencontrées par les porteurs de troubles cognitifs spécifiques tout au long de leur vie.

L'ASBL Badje : dossier ENSEMBLE, CONSTRUISONS DES LOISIRS PLUS INCLUSIFS !

Pour aller plus loin