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Discriminations

Chez Les Scouts, chacun·e doit avoir sa place et être respecté·e. Les discriminations, même sous forme de blagues ou de remarques, peuvent blesser, mettre à l’écart et avoir des conséquences importantes sur les personnes qui les subissent.

Sur cette page tu trouveras : 

Signaler une atteinte à l'intégrité d'une personne

Mieux comprendre les discriminations

Définition d'une discrimination

Selon Unia, l’institution publique qui lutte contre la discrimination et promeut l’égalité, une discrimination consiste à traiter une personne ou un groupe de manière différente sans justification valable, en raison de critères protégés par la loi, comme par exemple la couleur de peau, l’âge, l’orientation sexuelle ou le handicap.

Cela peut prendre différentes formes :

  • des décisions ;
  • des actes ;
  • des paroles ;
  • des insultes ;
  • des moqueries ou des blagues.

Même des propos présentés comme de l’humour peuvent être discriminatoires.

Une personne discriminée est donc traitée moins favorablement qu’une autre dans une situation comparable, et ce sans raison valable.

La discrimination porte atteinte aux droits humains : elle empêche certaines personnes d’avoir les mêmes droits et les mêmes possibilités que les autres, sur base de critères protégés.

En tant qu’animateur ou animatrice, il est important de reconnaître les situations de discrimination, y compris entre jeunes, pour pouvoir réagir et intervenir quand c’est nécessaire.
 

Des stéréotypes aux discriminations

  • Stéréotype : idée toute faite (« les filles sont sensibles. »).
  • Préjugé : croyance basée sur le stéréotype (ex. : « si elle est sensible, elle ne peut pas être leader d’un groupe de garçons »).
  • Discrimination : action injuste (ex. : ne jamais proposer à une fille d’être animatrice responsable Éclaireurs).

Vidéo La discrimination en deux minutes par Amnesty Switzerland.

Les critères de discrimination

La discrimination implique toujours un ou plusieurs critères protégés. Ces critères peuvent être :

  • Liés à des caractéristiques personnelles (qu’on ne choisit pas) : couleur de peau, âge, orientation sexuelle... ;
  • Liés à des convictions ou choix personnels qui font partie de l’identité : religion, opinions politiques, engagement syndical…

Même si les situations varient, elles trouvent souvent leur origine dans des préjugés ou des idées reçues.
 

Les formes de discrimination

  • Discrimination directe : une personne est traitée moins favorablement qu’une autre dans une situation comparable. 
    Exemple : refuser qu’un animateur ou une animatrice rejoigne un staff parce qu’il ou elle est homosexuel·le.
     
  • Discrimination indirecte : une règle ou une pratique, en apparence neutre, désavantage certains groupes. Exemple : organiser des activités dans un local uniquement accessible par des escaliers, ce qui exclut de fait les personnes à mobilité réduite.
     

L'accumulation de discriminations

Certaines personnes vivent plusieurs discriminations en même temps. On parle alors de discriminations intersectionnelles, c’est-à-dire des situations où plusieurs discriminations se croisent et se renforcent. 

Elles ne s’additionnent pas simplement : elles se combinent et créent des situations particulières. Par exemple, une personne peut être confrontée à des difficultés liées à son origine, à sa situation financière et à son genre. 
Ces éléments interagissent et rendent certaines situations plus complexes à vivre.

C’est pour cette raison qu’il faut éviter de faire des généralités et rester attentif aux situations individuelles.

Les privilèges

On parle souvent de discriminations, mais moins de privilèges. Pourtant, les deux sont liés. Un privilège, c’est quelque chose qui facilite la vie et dont on ne se rend pas toujours compte.

Par exemple :

  • Pouvoir payer facilement un weekend scout.
  • Rentrer chez soi sans se poser de questions après une réunion.
  • Se sentir à l’aise et légitime dans la plupart des situations.

Tout le monde ne démarre pas dans la vie avec les mêmes facilités. Ce qui est simple pour certain·es peut être un obstacle pour d’autres.

Prendre conscience de ses privilèges permet de mieux comprendre les réalités vécues par les jeunes et d’adapter son cadre pour que chacun·e ait sa place.

Tu peux proposer à ton staff ou à ton unité de vivre une animation comme La marche des privilèges (Ça se discoute - Automne 2025), qui permet de rendre visibles les inégalités.
 

Différents types de discriminations
 

Grossophobie

Discrimination envers les personnes grosses, qui peut prendre la forme de moquerie, d’exclusion ou d’inégalité de traitement liées à l’apparence corporelle.

En savoir plus (lien à venir)
 

Racisme

Discrimination envers une personne ou un groupe en raison de la nationalité, de la prétendue race, de la couleur de peau, de l’ascendance ou de l’origine nationale ou ethnique.

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Sexisme

Discrimination basée sur le genre, généralement au détriment des femmes, reposant sur des stéréotypes de genre et se traduisant par des inégalités sociales, professionnelles ou symboliques.

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LGBTQIA+phobies

Ensemble de discriminations envers des personnes en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité ou expression de genre.

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Validisme

Discrimination envers les personnes handicapées, basée sur une norme du corps ou de l'esprit « valide », entrainant exclusion, infantilisation ou invisibilisation.
En savoir plus (lien vers la page)
 

Des conseils pour t’aider à réagir face à une discrimination

En tant qu’animateur ou animatrice, tu t’engages à faire du scoutisme un lieu bienveillant, où l’intégrité physique et psychique de chaque scout·e qui t’est confié·e est respectée.

Entre scout·es

Lorsque tu es témoin d’une discrimination entre deux ou plusieurs scout·es : 

  • Interviens immédiatement. Il est important que les paroles ou les gestes soient tout de suite condamnés. Par exemple : « Ce que tu viens de dire/de faire est inacceptable. »
  • Soutiens la victime. Prends-la à part, rassure-la et écoute son ressenti et ses besoins, sans la forcer à parler. Par exemple : « Comment tu te sens ? ». Si la situation a lieu pendant le camp, propose-lui de contacter ses parents.
  • Discute avec le(s) jeune(s) à l’origine de la situation. Prends-le(s) à part pour comprendre les motivations derrière les paroles ou les gestes. Explique-lui/leur en quoi ce comportement n’est pas toléré chez Les Scouts et invite-le(s) à réparer, par exemple en présentant des excuses.
  • Adapte si nécessaire le programme ou le cadre pour apaiser la situation. Évalue également l’impact que cette scène aurait pu avoir sur le reste du groupe. 
  • Préviens les parents ou les responsables légaux des personnes concernées, victime(s) et jeune(s) à l’origine de la situation, à la fin de la réunion ou à la fin du camp. 
  • Discute de la situation en staff et avec l’équipe d’unité pour évaluer la nécessité de mettre d’autres dispositifs en place ou de prendre d'autres actions. Par exemple : prévoir une animation sur la thématique des discriminations. 

Lorsqu’un·e scout·e vient se confier à toi, tu n’as pas la possibilité d’intervenir immédiatement pour stopper la situation. Cependant, les autres conseils restent valables. 

De la part d’un·e animateur ou animatrice

Un geste ou une parole discriminatoire, de la part d’un·e animateur ou animatrice, envers un·e scout·e ou envers un autre adulte n’a pas sa place chez Les Scouts, d’autant plus qu’un animateur ou une animatrice a une position d’autorité.

De la même manière que pour les discriminations observées entre scout·es, si tu es témoin d’une discrimination de la part d’un·e animateur ou animatrice, ou que quelqu’un vient se confier à ce sujet : 

  • Interviens immédiatement.
  • Soutiens la victime.
  • Discute avec l’équipe d’unité de la situation.

Dans ce cas-ci, il est préférable que l’équipe d’unité prenne la main sur la communication avec les parents et fasse le suivi avec l’animateur ou l’animatrice concerné·e. 

Tu as besoin d'un soutien supplémentaire pour gérer une situation de discrimination ?

Si tu as un doute sur la manière de réagir, ou si vous ne parvenez pas à résoudre la situation au sein de l’unité, contacte ton équipe fédérale ou le service Incidents de la fédération au 02.508.12.00.

À ne pas faire

  • Rire ou minimiser les propos. Cela valide implicitement le comportement ou les paroles discriminatoires. 
  • Rester silencieux ou passif. Ne rien faire, détourner le regard ou changer de sujet peut être interprété par le jeune à l’origine de la situation comme une approbation tacite. 
  • Blâmer la/les victime(s). Évite les phrases du type « il ne faut pas le prendre comme ça » ou « tu es trop sensible ». 
  • Confronter violemment l’auteur ou l'autrice devant tous. Bien qu'il faille intervenir, une attaque agressive ou humiliante en public peut braquer le jeune concerné et empêcher toute démarche éducative ou de réparation ultérieure.
  • Ignorer l'incident sous prétexte que « ce sont des jeunes ». Penser qu'ils « ne se rendent pas compte » ou que « ça passera avec l'âge » est dangereux. Sans correction immédiate, ces comportements risquent de s'ancrer et de se normaliser.

Sensibiliser tes scout·es aux discriminations

Sensibiliser les jeunes aux discriminations, c’est les aider à mieux comprendre les autres, questionner leurs idées et construire un cadre respectueux.

Baladins

Ressources Les Scouts

  • Activité La caméra
    Distinguer faits, jugements et sentiments.
  • Activité Ami-Ennemi
    Prendre conscience des différences et des points communs au sein du groupe.

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Louveteaux

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