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Accueillir un jeune migrant dans ton unité

Des migrants souhaitent intégrer ton, unité ? Avant toute chose, discutes-en en conseil d’unité. Assure-toi de recueillir l’approbation des personnes impactées par le projet. Si ce n’est pas le cas, envisagez des aménagements pour que la situation convienne à tout le monde.

Une fois le projet validé, réfléchissez ensemble à ce qui est réaliste pour vous en termes d’inclusion. Identifiez les règles pour lesquelles vous pourriez faire une exception ou chercher une solution, comme trouver un uniforme, par exemple.

Par ailleurs, ne cherchez pas à tout anticiper et tout régler immédiatement avant de vous lancer. Vous pourrez toujours chercher des réponses ou des solutions en cours de route.

FAQ

Faut-il inscrire les migrants dans la branche qui correspond à leur âge ?

L’idéal est que tous les enfants soient inscrits dans la branche qui correspond à leur tranche d’âge. Si les jeunes viennent d’arriver dans le pays, cela peut sembler moins évident. Renseigne-toi sur l’année dans laquelle ils sont à l’école et discutez avec la famille pour choisir la meilleure option pour le jeune.

Un demandeur d’asile ou un réfugié peut-il être animateur ?

Oui, toute personne  peut s’engager comme volontaire. Leur expérience de l’exil, leur sens de l’entraide ou leur langue maternelle peuvent devenir de vrais atouts pour le groupe.
Veille toutefois à prendre en compte les éventuelles différences culturelles, et cherchez ensemble des solutions aux difficultés qui pourraient se présenter. N’hésite pas non plus à lui demander s’il ou elle connait le scoutisme dans son pays d’origine : dans beaucoup de pays, il est organisé différemment d’ici. Il est donc important de clarifier les attentes de part et d’autre.

Que faire si des parents de la section s’opposent à l’accueil d’enfants en cours de procédure d’asile ?

Si certains parents s’opposent à l’accueil d’enfants migrants, commence par discuter en staff de la manière dont vous souhaitez gérer la communication. Informer les parents à l’avance peut être une option, mais ce n’est pas une obligation. En revanche, si des questions ou des réticences apparaissent, prenez le temps d’ouvrir le dialogue : écoutez les craintes, identifiez les obstacles, et expliquez clairement les raisons de votre choix. La décision, une fois prise, ne se remet pas en débat. Vous exposez les faits et les arguments qui vous ont guidés. Il est utile d’anticiper les questions pratiques que les parents pourraient avoir (matériel, langue, finances…) et de préparer des réponses simples et rassurantes.

Comment gérer l’inscription dans Desk ?

Comme pour tout nouveau membre, pour la première réunion il n’y a rien à faire. Ensuite, il suffit d’encoder le membre dans Desk en t’assurant de l’adresse légale du jeune. 

Que faire en cas de difficultés financières ?

La cotisation

Dans tous les cas, prends le temps d’expliquer aux parents ou aux adultes encadrants à quoi sert l’argent des cotisations. Celle de la fédération couvre une partie des frais de fonctionnement de l’association et permet, par exemple, d’éditer des revues et des publications mais cela comprend également l’assurance du jeune. 

Annonce l’ensemble des couts sur l’année. Combien allez-vous demander ? À quel moment ? Envisagez un plan d’étalement de paiement sur l’année.
Comme pour chaque membre de notre unité, le jeune migrant a accès à une série d’aides mises à disposition par la fédération ou les pouvoirs publics. 

L’uniforme et le matériel

C’est au conseil d’unité de décider si l’uniforme est obligatoire, et quelles pièces le sont. Gardez en tête que cela représente un cout, et que tout le monde n’a pas forcément les moyens. Pensez à organiser une collecte ou un stock d’uniformes de seconde main, ou à proposer des alternatives accessibles.

Même chose pour le matériel de camp : il est possible de se tourner vers la seconde main, ou d’investir dans du matériel que l’unité pourra prêter aux membres qui en ont besoin.
N’oubliez pas non plus que pour certaines familles, l’uniforme peut sembler inhabituel, voire étrange. Prenez le temps d’en expliquer le sens : il symbolise l’appartenance au mouvement scout, les valeurs partagées, et constitue un habit de jeu. Il permet à chacun·e de se sentir membre d’un groupe, tout en laissant place à une touche personnelle.

Qu’en est-il des jeunes sans-papiers ?

En dehors de toute considération politique sur l’asile et la migration, les scouts ne veulent laisser aucun enfant ou adolescent qui se trouve dans une situation fragile ou d’urgence sur le bord du chemin. Il convient donc de les inscrire dans Desk afin qu’ils puissent être assurés comme tout autre jeune.

Toutefois, il est important de savoir que ces jeunes n’ont pas de carte ISI+ mais qu’ils ont malgré tout droit à une assistance médicale urgente. Ils doivent dès lors se procurer une attestation « assistance médicale urgente » via le CPAS de la commune où ils résident.

Peut-on publier des photos d’enfants migrants ?

Comme pour tous les autres membres, il est essentiel de demander l’autorisation aux parents ou responsables légaux avant toute publication. Prends le temps d’expliquer clairement où les photos seront diffusées, qui pourra les voir, et dans quel cadre elles seront utilisées. C’est aussi une bonne occasion de leur montrer le site internet de votre unité : ils y trouveront des informations utiles et pourront découvrir l’ambiance du groupe.

Que faire si un journaliste souhaite venir pour faire un article sur les jeunes migrants ?

Si un journaliste vous contacte pour faire un article sur les enfants réfugiés ou demandeurs d’asile dans votre groupe, restez vigilant·es. La situation de ces enfants peut être sensible, et eux ou leur famille n’ont peut-être pas envie d’être exposés dans les médias. Ne donnez pas de données personnelles, évitez de raconter des histoires précises, et choisissez ensemble ce que vous êtes prêts à partager. Si besoin, contactez le siège de la fédération pour du soutien.

Comment gérer un départ en camp ?

En camp, ces enfants sont des enfants comme les autres, avec une histoire particulière. Prends en compte cette expérience de vie sans les stigmatiser. Informe bien les parents ou les adultes encadrants et les enfants du déroulement du camp : 

  • Dites-leur que vous avez l’habitude, que tout se passe bien, et soyez disponibles pour répondre à leurs doutes ou incertitudes. 
  • Présentez-leur les règles du camp, parcourez ensemble la liste du matériel et voyez ensemble ce que chacun peut prévoir. 
  • La veille du départ, contactez les parents pour refaire le point sur ce qu’il faut emporter et les modalités du départ. Vérifiez aussi qu’ils pourront se rendre au lieu de rendez-vous. Si ce n’est pas le cas, voyez si un animateur ou un autre parent peut les aider, en les prévenant. 
  • Mettez-vous d’accord sur la manière dont les parents peuvent rester en contact avec vous pendant le camp : qui appellent-ils, quand, comment. Gardez à l’esprit qu’une séparation de plusieurs jours peut être plus difficile à vivre pour eux. Dès le début du camp, proposez aux enfants d’envoyer une carte à la maison : cela fait toujours plaisir aux parents. 
  • Si le groupe est mixte, expliquez-le clairement. Ce n’est pas anodin dans toutes les cultures.
  • Soyez attentifs à l’organisation du sommeil, des douches, aux gestes affectueux entre enfants et animateurs (comme le bisou du soir, qui peut être perçu différemment). Après le camp, prenez le temps de passer voir les familles pour leur demander comment cela s’est passé pour eux.

Est-ce qu’un demandeur d’asile peut partir en camp à l’étranger ?

En théorie, il est possible de quitter le territoire avec une autorisation parentale (disponible en ligne ou auprès de la commune). Toutefois, plusieurs organisations, comme la Plateforme Mineurs en Exil ou l’ASBL Droits Quotidiens, déconseillent fortement ce type de voyage si le jeune n’a pas encore reçu sa carte de séjour.

Le principal risque ne concerne pas le départ, mais le retour en Belgique : selon les documents exigés par les pays traversés, le jeune pourrait ne pas être autorisé à rentrer. Cela rend le départ à l’étranger trop incertain et risqué tant que le séjour du jeune n’est pas régularisé.

Si le camp prévu est à l’étranger, vois s’il est possible pour le jeune de participer à un autre camp de l’unité qui se déroule en Belgique. Cela permet de vivre pleinement le camp, sans prendre de risque administratif ou juridique.

Que faire si les enfants doivent partir ou si le statut de réfugié est refusé ?

Il arrive que des enfants en demande d’asile doivent déménager vers une autre commune. Tu peux les accompagner dans la recherche d’une nouvelle unité près de leur futur logement.

Si la demande d’asile est rejetée, la famille peut introduire un recours. Tant que cette procédure est en cours, rien ne change.

Si aucun recours n’est introduit ou s’il est rejeté, la famille devra quitter le pays. Dans ce cas, il est important d’expliquer la situation au groupe et de prévenir la fédération (par téléphone).

Quelles ressources en cas de besoin ?

N’hésite pas à prendre contact avec des personnes ou des organisations de ton entourage qui ont de l’expérience dans ce domaine. Votre équipe fédérale ou le siège de la fédération sont également disponibles pour vous conseiller.

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