Amorcer la rencontre
Quelques étapes pour se mettre en projet
- Contacte un centre d’accueil qui héberge de jeunes migrant·es. Pour repérer les centres d’accueil présents en Belgique, utilise la carte de Fedasil.
- Expose le plus clairement ta proposition si tu as déjà une idée précise :
- L’idée est-elle de rencontrer des jeunes avec ou sans leur famille ?
- De les rencontrer au sein de leur centre ou d’organiser une rencontre à l’extérieur (dans vos locaux ou ailleurs) ?
- Qui se chargerait de prévoir les activités ? Chacun prépare des propositions de son côté ou vous souhaitez les co-construire ensemble ? (Dans tous les cas, quelques activités simples pour passer du temps ensemble et apprendre à se connaitre comme une activité sportive, un atelier cuisine ou des petits jeux sont les plus indiqués)
- La proposition est-elle de prévoir une activité isolée ? Vous envisagez une récurrence possible dans ces rencontres ? Vous envisagez de proposer aux jeunes de rejoindre l’unité si l’envie s’en fait sentir ?
- Sur base des possibilités, planifiez une première rencontre avec les jeunes migrant·es et éventuellement leur famille, au centre d’accueil pour affiner le projet.
Ils l'ont fait !
Deux kits CU disponibles :
- Ouverture à tous : interculturalité
Sensibiliser au fait que le scoutisme, dans notre fédération, s’adresse à tous les publics sans distinction. Les différences culturelles sont une richesse pour l’unité. - Ouverture à tous : demandeurs d’asile et réfugié·es
Être conscient de l’importance de l’accueil de tous chez Les Scouts. Encourager l’accueil ou le partage d’activités avec des réfugiés au sein d’une section ou de l’unité. Réfléchir à des pistes concrètes pour adapter son animation à tous, dans le cadre de l’accueil de réfugié·es.
Pourquoi ces rencontres comptent pour tout le monde
Cette rencontre permet aux jeunes de se découvrir, de créer du lien au-delà des barrières culturelles ou linguistiques, et d’ouvrir une fenêtre sur des réalités complexes et souvent invisibles.
Pour les scout·es, c’est une manière concrète de s’ancrer dans leur communauté, de vivre l’inclusion et de grandir en humanité.
Pour les jeunes migrant·es, c’est une bouffée d’air, une activité accessible, un espace d’accueil bienveillant à un moment de vie souvent instable.
Une opportunité pour lutter contre l’isolement et s’enrichir mutuellement !
Préparer la rencontre en amont
La rencontre avec les scout·es ne sera pas forcément une priorité pour les personnes migrantes. Inutile de le prendre pour toi, ce projet doit naitre d’une envie partagée. Par ailleurs, si cela s’avère nécessaire, montre-toi flexible sur les horaires pour coller à leur réalité.
Quelques conseils pour te préparer au mieux
- Quelques bonnes pratiques pour la première rencontre dans le centre d’accueil :
- Prends le temps d’expliquer en quoi consiste le scoutisme grâce à la brochure Scout pour tous qui présente le mouvement en 10 langues : français, néerlandais, allemand, espagnol, anglais, turc, arabe (darija), polonais, italien, portugais.
- Demande également un peu de contexte quant à leur histoire. Relevez ensemble les éléments auxquels être attentifs pour assurer le bienêtre du ou des jeunes : le niveau de langue, les spécificités alimentaires…
- Anticipe et propose ton aide, au besoin, pour organiser la mobilité depuis le centre d’accueil.
- Sensibilise les scout·es à la question migratoire. Donnez-leur l’occasion de poser leurs questions mais surtout laisse-les découvrir cette réalité par eux-mêmes en vivant l’expérience.
Imaginer des activités accessibles et inclusives
Propose des activités simples où chacun·e participe d’égal à égal. L’objectif : créer du lien, sans barrière ni hiérarchie. Elles peuvent par exemple se co-construire ensemble.
Dans tous les cas, demande au jeune s’il a envie de faire découvrir un jeu, une musique ou une recette de chez lui. Cela valorise ses racines et crée une vraie réciprocité dans la rencontre.
Par ailleurs, favorise des temps en petits groupes et mets en avant la collaboration et l’esprit d’équipe.
Vise des activités simples, accessibles et qui créent naturellement du lien, comme :
- petits jeux brise glace ;
- petits jeux de coopération ;
- atelier cuisine, comme un apéro du monde (exemple d’animation pour les Baladins) ;
- Just dance avec des musiques de différentes origines (exemple d’animation pour les Louveteaux) ;
- cricket, un sport particulièrement populaire dans de nombreux pays ;
- tournoi de volleyball ;
- jeux pour développer la confiance (proposition d’animation pour les Baladins, Louveteaux, Éclaireurs, Pionniers) ;
- atelier philo ;
- création artisanale ou artistique ;
- balade avec des défis photo ;
- …
Enfin, jouer dans les bois ou se déguiser, c’est super pour autant que cela se vive dans une atmosphère positive ! Sans cri et sans peur. Les droppings, cuisine trappeur, jeux de guerre… sont évidemment à proscrire pour tenir compte des expériences de vie des jeunes migrants.
Ressources
Baladins et Louveteaux
- La maison de Mo : une brochure pour expliquer aux enfants les raisons pour lesquelles les gens fuient et à quoi ressemble la vie d’un demandeur d’asile dans un centre d’accueil.
- Le carnet de Chico : un déroulé pédagogique et des activités pour aborder les thématiques de l’asile et de l’accueil des demandeurs d’asile avec les enfants.
Éclaireurs
- Chemin d’exil : l’exil n’est pas un choix. C’est aussi un parcours long et dangereux. À travers cette bande dessinée, les élèves découvrent l’histoire de Cyprien, Rustam et Afkar, trois adolescents arrivés en Belgique avec leur famille pour demander l’asile. Des activités simples et concrètes accompagnent cette BD.
- Les chemins de l’ailleurs : un jeu pour prendre conscience des situations concrètes rencontrées par des clandestins, des demandeurs d’asile, les ressortissant·es de l’Union européenne et hors UE et les Belges.
Pionniers et CU
- Les routes de la honte : une plateforme web interactive donne la parole à des jeunes migrants afghans à travers des témoignages audios, dessins et BD. En suivant leur parcours via la route des Balkans, on découvre les violences subies aux frontières et les raisons de leur exil. Un outil percutant pour sensibiliser et informer.
- La Croix-Rouge explique la procédure d’asile en Belgique : vidéo de quelques minutes qui reprend les différentes étapes de la procédure. Il est possible de commander un plateau de jeu qui accompagne le contenu de la vidéo.
- Mallette pédagogique « Justice migratoire » : des outils pédagogiques qui permettent de comprendre et d’expliquer le phénomène des migrations en sortant des préjugés et des approximations.
- Réfléchis à un système de parrainage si cela te semble être une bonne idée.
Le jour J : comment animer la rencontre ?
Quelques conseils
- Prépare le début de la rencontre avec soin, un bon jeu brise glace peut faire toute la différence !
- Propose un moment (petit cercle, fresque collective, carnet de camp, etc.) où chacun peut partager quelque chose de lui, s’il en a envie. Les jeunes migrants ont souvent une richesse d’expérience ou de points de vue qu’il est précieux de laisser émerger… à leur rythme.
- Comme tu le fa is déjà pour tout scout·e, sois attentif à l’attitude du jeune. S’il se met en retrait, essaye d’en comprendre la raison afin de rétablir un cadre serein et positif.
- En fin de réunion, prends le temps de tenir Conseil pour que chacun ait l’occasion de s’exprimer.
- Après la rencontre, aie une discussion privilégiée avec le jeune pour échanger sur ce qui vient de se vivre et éventuellement envisager d’autres rencontres.
Que faire si un enfant raconte son histoire ou dessine des situations de guerre ou violentes ?
Laisse les enfants raconter leur histoire s’ils en ressentent le besoin. Cela peut soulever des questions auprès des autres jeunes. Là aussi, encourage la discussion tout en restant attentif à ce que cela reste confortable pour tout le monde. Si cela te semble trop chargé émotionnellement, continue la discussion avec le jeune en aparté. Lui poser des questions peut l’aider à s’exprimer mais ne le force pas à tout te raconter.
FAQ
Comment tenir compte des différences culturelles ?
Les réfugié·es ne sont pas un unique groupe semblable. Ils viennent de pays différents, avec leurs propres traditions et habitudes de vie. Certaines ressemblent aux nôtres, d’autres sont très différentes, que ce soit dans la manière de manger, de dormir, de vivre la religion, ou encore dans les façons de récompenser et punir.
Ce qui te semble évident ne l’est pas forcément pour les jeunes venus d’ailleurs. Prends le temps d’expliquer les habitudes de vie de ta section. Et renseigne-toi directement auprès des enfants, de leurs parents ou des adultes qui encadrent les jeunes sur leurs habitudes de vie.
Sois toujours disponible pour donner un peu plus d’explications si nécessaire : cela suffit souvent à lever les malentendus. L’objectif est de mieux comprendre leur culture, leurs habitudes, et d’établir un lien de confiance.
Comment surmonter la barrière de la langue ?
De nombreux jeunes migrant·es apprennent rapidement le français et trouvent des moyens créatifs de communiquer. Leur enthousiasme, leur curiosité et leur envie de participer sont souvent moteurs pour le reste du groupe. Par ailleurs, beaucoup de jeunes migrants sont scolarisés et apprennent déjà le français ou une autre langue nationale. Et surtout, communiquer ne passe pas uniquement par les mots ! Le jeu, les gestes, les sourires ou les regards sont autant de moyens de créer un lien. Un dessin, un mime ou même une chanson peuvent suffire à se comprendre. Des applis de traduction ou l’aide d’un autre jeune bilingue peuvent aussi donner un coup de pouce. L’essentiel, c’est de rester ouvert, bienveillant et de montrer qu’on a envie d’être ensemble, même si on ne parle pas la même langue.