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Apparence physique

Chaque personne est unique, et cette diversité fait la richesse de nos groupes. Pourtant, certaines caractéristiques physiques, comme la taille, la corpulence ou toute autre particularité visible, peuvent devenir des motifs de moqueries, d’exclusion ou d’injustices.

Chez Les Scouts, nous voulons que chaque jeune et chaque adulte se sente accueilli·e, respecté·e et puisse participer pleinement aux activités sans être jugé·e à cause de son apparence.
Comprendre ces discriminations, les prévenir et savoir comment réagir contribue à créer un environnement plus respectueux et inclusif.

Sur cette page, tu trouveras : 

Comprendre ce qu’on entend par apparence physique

Caractéristique physique, apparence physique, image corporelle… Ces trois notions sont étroitement liées, mais ne désignent pas exactement la même chose. 

Les distinguer permet de mieux comprendre le regard que nous portons sur les autres, mais aussi la manière dont chacun·e vit son propre corps. 

Caractéristique physique

Une caractéristique physique est un élément du corps ou de la présentation d’une personne qui peut être visible ou perçu par les autres.

Elle peut être :

  • innée, comme la taille ou une tache de naissance ;
  • apparue indépendamment de la volonté de la personne, comme une brulure ou une cicatrice ; 
  • liée à un choix, comme un tatouage, un piercing ou une coiffure. 

Apparence physique

L’apparence physique désigne l’ensemble de ce qui est visible ou perçu chez une personne et qui permet aux autres de la décrire ou de la reconnaitre.

Elle comprend ses caractéristiques physiques, mais aussi :

  • ses vêtements, ses accessoires et son style vestimentaire ;
  • sa coiffure et son maquillage ;
  • ses tatouages et ses piercings ;
  • sa posture ;
  • ses expressions du visage ;
  • sa manière de se présenter.

L’apparence physique est donc une notion large, subjective et évolutive. Elle peut changer avec l’âge, la puberté, la santé, les expériences vécues ou les choix de la personne.

Image corporelle

L’image corporelle désigne la manière dont une personne perçoit, pense et ressent son propre corps, ainsi que les comportements qui peuvent en découler.

Elle est influencée par de nombreux éléments :

  • le regard et les remarques des autres ;
  • les expériences vécues ;
  • les normes sociales et culturelles ;
  • les médias et les réseaux sociaux ;
  • la puberté et les transformations du corps ;
  • les relations familiales et amicales ;
  • la santé physique et mentale.

L’image corporelle n’est pas figée. Elle peut changer selon les moments, les contextes et les expériences.

Une personne peut apprécier certaines parties de son corps et en apprécier moins d’autres. Elle peut aussi simplement chercher à vivre avec son corps sans devoir l’aimer ou le juger en permanence.

Sensibiliser au respect de l’apparence physique

De l’enfance à l’âge adulte, chacun·e accorde de l’importance à l’image qu’il ou elle renvoie, mais aussi au regard et aux réactions des autres.

Une remarque sur le corps, les cheveux, la peau, les vêtements ou une autre particularité visible peut sembler anodine pour celui ou celle qui la formule, mais avoir un impact important sur la personne qui la reçoit.

Dans les unités, chacun·e a un rôle à jouer pour créer un cadre où toutes les personnes peuvent trouver leur place et évoluer sans craindre d’être jugées à cause de leur apparence.

Créer un environnement respectueux de toutes les apparences

Sensibiliser ne passe pas uniquement par une animation. La manière d’organiser les activités, de constituer les équipes, de parler du corps ou de choisir le matériel transmet aussi des messages aux jeunes.

Fixe des règles claires

Dès le début de l’année ou du camp, rappelle que :

  • Chacun·e a le droit d’être respecté·e, quelle que soit son apparence.
  • On ne se moque pas du corps, du visage, de la couleur ou de la texture des cheveux, des vêtements ou de la manière de se présenter d’une autre personne.
  • On ne touche pas le corps, les cheveux, les tatouages, les cicatrices ou les accessoires d’une autre personne sans son accord.
  • On ne commente pas l’assiette ou les portions des autres.
  • On n’utilise pas de surnom lié à l’apparence sans l’accord de la personne.
  • On ne partage pas de photo ou de montage humiliant.
  • Une personne peut demander qu’une remarque ou un surnom s’arrête, même si les autres le trouvent drôle, mais le staff intervient aussi lorsqu’elle ne dit rien ou semble rire avec le groupe.
     

Montre l’exemple

Les jeunes observent la manière dont les adultes parlent de leur propre corps et de celui des autres.

Évite les phrases comme :

  • « Je suis énorme sur cette photo. »
  • « Il faut que j’élimine ce que j’ai mangé. » 
  • « J’ai été sage aujourd’hui, je peux prendre un dessert. » 
  • « Après le camp, je me mets au régime. » 
  • « Tu as maigri, tu es beaucoup mieux comme ça. » 

Même lorsque ces remarques ne concernent pas directement un·e jeune, elles peuvent renforcer l’idée que certains corps auraient plus de valeur que d’autres ou qu’il faudrait contrôler son apparence pour être accepté·e.

Valorise les personnes au-delà de leur apparence

Mets en avant les qualités et les contributions de la personne : sa créativité, son écoute, son humour, son courage, sa persévérance, son sens de l’organisation, sa capacité à coopérer, son implication dans le groupe, etc.

Un compliment sur une coiffure, un vêtement ou un accessoire choisi peut être agréable lorsqu’il est respectueux et non intrusif.

En revanche, évite les commentaires sur le poids, la corpulence, la forme du corps, la puberté, une prise ou une perte de poids. Une personne n’a pas forcément envie que son corps ou ses transformations deviennent un sujet de conversation, même lorsque la remarque se veut positive.

Totems, qualis et surnoms

Un totem, un quali ou un surnom ne doit pas réduire une personne à son corps ou à une caractéristique visible. Le physique ne devrait intervenir ni pour choisir un animal, ni pour en écarter un. Par exemple, attribuer le totem Béluga à un·e jeune corpulent·e, ou refuser un animal plus mince parce qu’il « ne lui correspond pas », montre que son corps reste un critère de choix.

Un totem n’a pas besoin de ressembler physiquement au ou à la jeune. Appuie-toi plutôt sur sa personnalité. Consulte le cahier La symbolique chez les Éclaireurs pour en savoir plus.

Ne déduis pas les capacités d’une personne de son apparence

L’apparence ne permet pas de savoir ce qu’une personne est capable de faire ni ce dont elle a besoin.

Ne suppose pas qu’un·e jeune :

  • ne pourra pas marcher longtemps parce qu’il ou elle est gros·se ;
  • sera forcément sportif ou sportive parce qu’il ou elle est mince ;
  • n’osera pas participer à une baignade
  • n’aura pas besoin de pause ;
  • doit être écarté·e ou protégé·e d’une activité sans avoir été consulté·e.

Présente l’activité et ses éventuelles difficultés à l’ensemble du groupe. Écoute les besoins exprimés et propose des adaptations lorsque c’est nécessaire. L’objectif n’est pas de demander à une personne de prouver ses capacités, mais de lui permettre de participer dans de bonnes conditions.

Compose les équipes de manière inclusive

Le moment où des capitaines choisissent successivement les membres de leur équipe peut être particulièrement difficile pour les jeunes qui sont régulièrement choisi·es en dernier.

Privilégie :

  • des équipes préparées à l’avance ;
  • un tirage au sort ;
  • des critères ludiques qui varient ;
  • une rotation des rôles et des responsabilités ;
  • des activités coopératives.

Ne désigne pas non plus systématiquement un·e jeune comme capitaine dans le seul but de compenser une exclusion liée à son corps. La personne pourrait se sentir exposée ou comprendre qu’elle a été choisie à cause de son apparence.

Modifie plutôt le fonctionnement pour que personne ne doive subir l’humiliation d’être choisi·e en dernier.

Parle de l’alimentation sans jugement

Manger répond à un besoin et peut aussi être une source de plaisir et de convivialité.

Pendant les repas et les gouters :

  • propose une alimentation variée et en quantité suffisante ;
  • évite de classer les aliments entre ceux qui seraient « bons », « mauvais », « interdits » ou « qui font grossir » ;
  • ne commente pas publiquement les portions ou l’assiette d’un·e jeune ;
  • n’utilise pas la nourriture comme récompense ou comme punition ;
  • évite les discussions centrées sur les régimes, les calories ou la perte de poids.

Tu peux évidemment veiller à ce que chaque jeune mange suffisamment et reste en bonne santé. Fais-le avec discrétion, sans jugement et en tenant compte des éventuelles consignes médicales transmises au staff.

Varie les représentations

Dans les histoires, chansons, personnages, vidéos, affiches, livres utilisés avec ton groupe, montre des personnes :

  • de différentes corpulences ;
  • de différentes tailles ;
  • avec différentes couleurs de peau et textures de cheveux ;
  • avec ou sans handicap ;
  • avec des cicatrices, des taches de naissance ou d’autres particularités visibles ;
  • avec des styles vestimentaires variés ;
  • avec différentes expressions de genre.

Veille à ce que ces personnes soient représentées positivement, sans que leur apparence soit nécessairement le sujet de l’histoire ou le ressort d’une blague.

Lorsque tu rencontres un support qui véhicule un stéréotype, prends le temps de le déconstruire avec les jeunes.

Soigne l’environnement et le matériel

Un environnement peut exclure une personne même lorsque personne ne formule de remarque.

Avant une activité ou un camp :

  • Propose les vêtements et textiles d’évènement dans une gamme suffisante de tailles.
  • Vérifie que les déguisements et accessoires conviennent à différentes morphologies.
  • Contrôle les dimensions et les conditions d’utilisation des chaises, lits de camp, harnais, gilets de sauvetage et autres équipements.
  • Prévois des espaces de repos accessibles et confortables.
  • Informe le groupe à l’avance si une activité comporte des contraintes particulières.

Si un équipement ne convient pas, cherche une solution avec la personne, à l’écart du groupe. Ne lui demande pas de se justifier et ne présente pas son corps comme le problème.

Des activités pour sensibiliser ton groupe

Une animation peut aider les jeunes à mieux se connaitre, à développer leur empathie et à réfléchir au regard qu’ils et elles portent sur les autres.

Ressources Les Scouts

Ressources externes

Lutter contre les discriminations liées à l’apparence physique

Les discriminations liées à l’apparence peuvent viser de nombreuses caractéristiques : la corpulence, la taille, la rousseur, les cheveux, l’acné, la pilosité, les dents, les traits du visage, une cicatrice, une tache de naissance, un handicap visible, les vêtements ou toute autre particularité.

Ces discriminations peuvent être très visibles ou prendre des formes plus discrètes. Par exemple :

  • Un·e jeune est régulièrement choisi·e en dernier parce qu’on suppose qu’il ou elle est moins sportif ou sportive.
  • Une personne reçoit un surnom lié à son poids, à sa taille, à ses cheveux, à sa peau ou à une autre particularité visible.
  • Un totem ou un quali est choisi uniquement à partir d’une caractéristique physique.
  • Un·e jeune est exclu·e d’une activité parce qu’on déduit ses capacités de son apparence.
  • Un vêtement, un déguisement ou un équipement n’existe pas dans une taille adaptée.
  • Des remarques sont faites sur l’acné, les dents, la pilosité, une cicatrice ou une différence corporelle.
  • Une coiffure ou un style vestimentaire est présenté comme ridicule ou sale.
  • L’assiette ou la quantité de nourriture mangée par une personne est commentée.
  • Une photo peu valorisante est diffusée ou transformée en montage humiliant. 

Le fait qu’une remarque soit présentée comme une blague, qu’elle soit fréquente ou que la personne visée semble en rire ne la rend pas anodine.

Certaines situations relèvent aussi d’autres formes de discrimination :

→ Les discriminations liées à la couleur de peau, aux traits physiques associés à une origine, aux cheveux crépus ou à certaines coiffures sont développées sur la page Origine, culture et couleur de peau.

→ Les discriminations liées à l’expression de genre ou à une apparence considérée comme « trop masculine » ou « trop féminine » sont développées sur la page LGBTQIA+.

→ Les discriminations liées à un handicap visible sont également abordées sur la page Handicap.

Parmi les discriminations liées à l’apparence physique, la grossophobie est particulièrement répandue et peut aussi se manifester dans l’organisation des activités, des espaces et du matériel. C’est pourquoi nous lui consacrons un focus spécifique.

Focus sur la grossophobie

La grossophobie désigne les discriminations et la stigmatisation dont sont victimes les personnes grosses.*

Elle repose notamment sur :

  • L’idée que la minceur serait la norme ou l’idéal.
     
  • L’idée que l’apparence d’une personne permettrait de connaitre sa santé, ses habitudes ou sa volonté.
     
  • Des stéréotypes qui présentent les personnes grosses comme paresseuses, négligées ou incapables de se contrôler. 

La grossophobie ne se limite pas aux insultes ou aux comportements individuels. Elle peut aussi être présente dans l’organisation de la société : sièges trop petits, matériel inadapté, vêtements indisponibles dans certaines tailles, manque de représentations positives ou prise en compte insuffisante des besoins des personnes grosses.

Le choix des mots

Le terme « gros·se » est souvent perçu négativement. Des personnes et associations engagées contre la grossophobie cherchent toutefois à se le réapproprier comme un adjectif descriptif, au même titre que « grand·e », « petit·e » ou « mince ». C’est dans cette optique que nous l’utilisons sur cette page.

Certaines organisations engagées contre la grossophobie choisissent également de ne pas utiliser les termes « surpoids » ou « obésité », car ils définissent les corps par rapport à une norme de poids et peuvent contribuer à présenter la grosseur comme un problème médical en soi.

Ces choix de vocabulaire ne sont pas partagés par tout le monde. Une même personne peut aussi se sentir plus ou moins à l’aise avec certains mots selon le contexte, la manière dont ils sont employés ou la personne qui les utilise.

Dans le cadre scout, il n’est généralement pas nécessaire de qualifier la corpulence d’une personne. Lorsqu’un·e jeune parle de son corps ou rapporte une remarque reçue, écoute son vécu et reprends, autant que possible, les mots qu’il ou elle utilise pour parler de son corps. L’enjeu n’est pas de déterminer quel terme est le « bon », mais de ne pas imposer à la personne une manière de nommer son corps.

Pour en savoir plus :

Comment la grossophobie se manifeste-t-elle ?

La grossophobie peut prendre la forme de moqueries, de commentaires déplacés, d’exclusions, de traitements injustes ou d’un environnement qui ne tient pas compte de tous les corps : sièges trop petits, matériel inadapté, vêtements indisponibles dans certaines tailles ou manque de représentations positives.

Lors des activités scoutes, elle peut notamment se manifester lorsqu’on :

  • suppose qu’un·e jeune ne pourra pas participer à une randonnée ;
  • commente son gouter ou son assiette ; 
  • ne propose pas de vêtement ou de déguisement à sa taille ; 
  • annonce publiquement qu’un harnais, une chaise ou un lit ne lui convient pas ; 
  • le ou la choisit systématiquement en dernier ; 
  • lui donne un totem ou un surnom lié à sa corpulence ; 
  • félicite une perte de poids sans connaitre ce que la personne traverse. 

Des animations pour déconstruire les discriminations liées à l’apparence

Ces animations abordent plus directement les normes de beauté, les stéréotypes corporels, la grossophobie ou les commentaires sur l’apparence.

Évite d’organiser une activité juste après une situation en demandant à la personne visée de témoigner. Elle ne doit pas devenir l’exemple du groupe ni devoir expliquer aux autres pourquoi elle a été blessée.

Présente plutôt la question comme un enjeu collectif : comment créer un groupe où personne n’est réduit·e à son apparence ?

Pour toutes et tous

Outils pédagogiques proposés sur le site de Beljïk MoJaïk, abordant les modes, normes et stéréotypes corporels ainsi que la discrimination en lien avec l’apparence physique.

À la ribambelle

Exploitation de l’histoire Des petits, des moyens et des gros de La légende des baladins (version enfants et version animateurs).

À la meute

Pour les 12-18 ans et le CU

Réagir face à une discrimination liée à l’apparence physique

Lorsqu’une discrimination liée à l’apparence physique se produit, appuie-toi sur la conduite générale Réagir face aux discriminations. Elle explique comment intervenir, soutenir la personne visée, échanger avec les personnes concernées et assurer le suivi de la situation.

→ Consulte la conduite Réagir face aux discriminations.

Quelques points d’attention sont propres aux discriminations liées à l’apparence physique.

Ne débat pas de l’apparence de la personne

Fais cesser la remarque sans chercher à déterminer si elle est « vraie » ou justifiée.

Tu peux dire :

  • « Ici, on ne commente pas le corps des autres. » 
  • « Ce surnom n’est pas respectueux. On arrête de l’utiliser. » 

Le problème n’est pas la caractéristique physique de la personne, mais le fait qu’elle soit jugée ou réduite à celle-ci.

Ne cherche pas à rassurer en niant la caractéristique

Évite les réponses comme « Mais non, tu n’es pas gros·se » ou « Ça ne se voit presque pas ». Elles peuvent laisser entendre que cette caractéristique serait négative.

Privilégie plutôt :

  • « Cette remarque n’était pas acceptable. » 
  • « Tu as le droit d’être respecté·e comme tu es. » 
  • « Comment as-tu vécu ce qui s’est passé ? » 

Ne demande pas non plus à la personne de justifier son corps, de témoigner devant le groupe ou d’expliquer elle-même pourquoi la remarque est blessante.

Ne transforme pas une discrimination en discussion sur la santé

Une remarque sur le poids ne devient pas acceptable sous prétexte de se préoccuper de la santé de quelqu’un.

N’évalue pas son alimentation, son activité physique, son poids ou son IMC. Si tu as une réelle inquiétude concernant sa santé ou son bienêtre, aborde-la séparément, en privé, et cherche le relais approprié.

Corrige aussi ce qui produit l’exclusion

La discrimination peut également venir de l’organisation ou du matériel : vêtement indisponible dans une taille adaptée, équipement inadéquat, choix systématique en dernier ou activité refusée sur la seule base de l’apparence.

Adapte alors le cadre discrètement, sans présenter le corps de la personne comme le problème, et veille à ce que la situation ne se reproduise pas.

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