Ressources

Origine, culture et couleur de peau

Le scoutisme rassemble des jeunes et des adultes aux histoires et aux parcours différents. Au sein d’une unité, chacun·e arrive avec ses habitudes, ses références et sa manière de voir le monde.

Cette diversité fait partie de la vie du groupe. Elle peut simplement être présente, mais elle peut aussi devenir une occasion de mieux se connaitre et de construire ensemble une manière de vivre où chacun·e a sa place. C’est tout l’enjeu de l’interculturalité.

Sur cette page tu trouveras : 

Tu souhaites organiser une rencontre avec des jeunes migrant·es ou en accueillir dans ton unité ?

Accueillir un·e jeune migrant·e dans ton unité

Comprendre l’origine, la culture et la couleur de peau

L’origine, la culture et la couleur de peau sont souvent mélangées. Pourtant, elles ne disent pas la même chose d’une personne.

Une personne ne se résume pas à son apparence, à son nom de famille ou au pays d’où viennent ses parents. Chacun·e a une histoire, des références et une identité qui lui sont propres.

L’origine, la culture et la couleur de peau peuvent être liées, mais elles ne se confondent pas. Évite donc de supposer l’histoire, la culture ou les besoins d’une personne à partir de son apparence ou de ce que tu crois savoir d’elle.

L’origine

L’origine peut renvoyer à une histoire familiale, à un pays, à une région ou à une communauté. Elle peut être réelle, supposée ou attribuée par les autres.

Une personne peut se définir de plusieurs façons à la fois. Elle peut, par exemple, être belge et avoir des attaches familiales dans un autre pays. Elle peut aussi être constamment renvoyée à une origine qui ne correspond pas à la manière dont elle se définit elle-même.

La culture

La culture ne se limite pas à la nationalité ou au pays d’origine. Elle se construit à travers la famille, les langues, le milieu de vie, les expériences, les habitudes et les références partagées.

Les personnes qui ont une même origine ne partagent donc pas forcément la même culture. À l’inverse, des personnes d’origines différentes peuvent avoir de nombreux repères en commun.

La couleur de peau

La couleur de peau ne renseigne ni sur la nationalité, ni sur la culture, ni sur le parcours d’une personne.

Une personne noire, asiatique ou métisse ne vient pas nécessairement d’ailleurs. Elle peut être belge, avoir grandi en Belgique et ne pas avoir d’histoire migratoire récente. Pourtant, elle peut être régulièrement considérée comme étrangère ou être interrogée sur ses « vraies origines ».

Multiculturalité et interculturalité : quelle différence ? 

Une unité est multiculturelle lorsqu’elle rassemble des personnes qui n’ont pas toutes les mêmes références culturelles. La multiculturalité est donc un constat : plusieurs cultures sont présentes dans le même groupe. Cela ne signifie pas forcément que les personnes se rencontrent vraiment ou qu’elles apprennent à se connaitre.
L’interculturalité va un cran plus loin. C’est une démarche active qui cherche à créer des échanges entre les personnes présentes dans le groupe.
Elle repose sur trois piliers.

Le dialogue et le respect mutuel entre les individus

Chacun·e est invité·e à découvrir l’autre, à écouter son point de vue et à reconnaitre les différences sans les juger ni les réduire à des stéréotypes. 

Dans une unité, cela peut, par exemple, signifier demander à une famille comment elle vit une situation plutôt que de supposer ses besoins ou ses habitudes.

La recherche de normes et valeurs communes

Vivre ensemble ne signifie pas que tout le monde doit fonctionner de la même manière. Il s’agit de construire des règles communes qui garantissent à chacun·e les mêmes droits et la possibilité de participer pleinement à la vie du groupe.

Dans une unité, cela peut, par exemple, signifier revoir une habitude ou une règle lorsqu’elle empêche certains jeunes de participer dans de bonnes conditions.

La valorisation de la diversité

Valoriser la diversité, c’est faire en sorte que chacun·e puisse se reconnaitre dans la vie de l’unité et y participer pleinement. Cela passe notamment par des activités qui utilisent des références variées et qui laissent de la place aux expériences de chacun·e.

Cela ne veut pas dire demander à un·e jeune de présenter « sa culture », d’apporter un plat ou de parler au nom d’un pays. Chacun·e reste libre de partager ce qu’il ou elle souhaite, sans devoir représenter tout un groupe.

Favoriser l’interculturalité 

Avec les scout·es et leurs familles

Prends le temps de communiquer

Le fonctionnement du scoutisme n’est pas connu de toutes les familles.

Prends le temps d’expliquer les activités, le camp, les traditions de l’unité ou ce qui est attendu des jeunes. Utilise un langage clair et vérifie que les informations importantes ont bien été comprises.

Lorsqu’une famille préfère recevoir les informations dans une autre langue, tu peux utiliser la brochure Scout pour tous qui présente le mouvement dans plusieurs langues.

Implique les familles

Prends le temps d’écouter les questions des familles et de leur expliquer le fonctionnement de l’unité.

Lorsqu’une adaptation est nécessaire, cherche une solution avec les personnes concernées plutôt que de décider à leur place. Cette manière de faire permet aussi de construire une relation de confiance.

Évite les suppositions

Deux personnes qui partagent une même origine ou une même culture ne les vivent pas forcément de la même manière.

Certaines attitudes peuvent aussi être comprises différemment selon les personnes. Par exemple, regarder un adulte dans les yeux peut être perçu comme une marque de respect ou, au contraire, comme un manque de respect.

Si une situation t’interpelle, évite de tirer trop vite une conclusion. Pose la question à la personne concernée et écoute son explication.

Dans ton unité

Construis les règles de vie avec les scout·es

Dans le scoutisme, les règles de vie du groupe se construisent avec les scout·es. Cela permet à chacun·e d’exprimer ses besoins et de participer à la définition d’un cadre commun.

Dans une démarche interculturelle, sois attentif ou attentive à ce que les habitudes de l’unité ne soient pas présentées comme les seules manières possibles de fonctionner. Certaines peuvent être discutées ou adaptées pour que chacun·e puisse participer pleinement à la vie du groupe.

L’objectif n’est pas d’accepter tous les comportements au nom des différences culturelles. Les règles communes doivent respecter les besoins de chacun·e et les droits de l’enfant.

Retrouve une proposition d’animation pour construire une charte de vie en groupe avec les scout·es.

Crée des occasions de rencontre

L’interculturalité ne se limite pas à la présence de plusieurs cultures dans un même groupe. Elle se construit lorsque les jeunes ont l’occasion de mieux se connaitre et d’apprendre les un·es des autres.

Pour cela, tu peux organiser des jeux de présentation, des temps d’échange, des activités en petits groupes… Découvre une série d’activités pour faire connaissance ou créer la cohésion au sein de ta section sur la plateforme Activités du site.

Ouvre à différentes réalités culturelles

Certaines ressources permettent d’ouvrir les jeunes à d’autres cultures et à d’autres manières de vivre. Tu peux notamment utiliser :

Veille toutefois à ne pas présenter une culture comme un ensemble figé de traditions ou de coutumes. Une activité ne permet jamais de découvrir toute la réalité d’un pays ou d’un groupe.

Organise une rencontre interculturelle

Rencontrer des jeunes qui ont d’autres parcours ou d’autres références peut permettre de dépasser certaines idées reçues et de créer de vrais liens.
Pour que cette rencontre ait du sens, construis-la avec les personnes concernées. Discutez ensemble de ce que chaque groupe souhaite vivre et de la manière dont l’activité sera organisée.

La page Jeunes migrant·es propose des conseils pour préparer une rencontre entre des scout·es et des mineur·es migrants.

Choisis des imaginaires et des costumes respectueux

Les imaginaires, les déguisements et les jeux de rôle font pleinement partie de la vie scoute. Ils sont souvent choisis simplement pour s’amuser, sans volonté de parler d’une culture ni de blesser qui que ce soit.

Pourtant, certains costumes ou personnages peuvent reprendre des représentations caricaturales de groupes réels. L’absence de mauvaise intention n’empêche pas qu’une activité puisse véhiculer des stéréotypes ou être blessante.

On parle alors d’appropriation culturelle lorsque l’on utilise des vêtements, des symboles ou des pratiques issus d’une culture sans tenir compte de leur sens, ou en les transformant en simples accessoires.

Par exemple :

  • Se déguiser en « Indien » ou en « Arabe » en accumulant des stéréotypes.
  • Imiter un accent pour faire rire.
  • Utiliser des symboles religieux ou culturels sans en connaitre la signification.

Pour éviter ces situations : 

  • Demande-toi si le thème ou le déguisement reprend des stéréotypes sur une culture.
  • Si c’est le cas, choisis plutôt un univers fictif ou des personnages qui ne reposent pas sur la caricature d’un groupe réel.

L’objectif n’est pas d’empêcher de jouer ou de se déguiser. Il s’agit de pouvoir s’amuser sans se moquer d’une culture ni utiliser ses symboles comme un décor.
Retrouve davantage de conseils dans l’article Bas les masques : petit guide pour des thèmes et costumes respectueux à la page 14 du Ça se discoute 237 (printemps 2026).

En conseil d’unité

Prends du recul

Plusieurs kits CU peuvent vous aider à mieux comprendre l’interculturalité et à réfléchir ensemble à la manière de la faire vivre dans l’unité.

  • Interculturalité : pour prendre conscience de ses propres repères culturels, repérer les stéréotypes qui influencent notre regard et mieux faire vivre les différences culturelles dans l’unité.
  • Identité d’unité : pour définir et communiquer l’identité de l’unité, reflet du scoutisme qui s’y vit.
  • Éveil à la dimension internationale du scoutisme : pour comprendre et apprécier d’autres perspectives et visions du monde, et pour s’engager dans des interactions interculturelles ouvertes et respectueuses.

Lutter contre le racisme

Comprendre le racisme

Le racisme est un système de pensée et de comportements qui conduit à traiter une personne différemment en raison de sa couleur de peau, de son origine, de sa nationalité, de son ascendance ou de son origine nationale ou ethnique. Il repose sur l’idée que ces caractéristiques permettraient d’attribuer à certaines personnes des qualités, des défauts ou une valeur particulière.

Historiquement, le racisme reposait sur l’idée que certaines « races » étaient supérieures à d’autres. Aujourd’hui, il peut aussi présenter certains groupes comme incompatibles, menaçants ou inférieurs, sans faire explicitement référence à une prétendue hiérarchie entre les races. D’un point de vue biologique, les races humaines n’existent pas. La couleur de peau, la forme du visage ou la texture des cheveux ne permettent pas de classer scientifiquement les êtres humains en groupes distincts. Pourtant, les personnes continuent à être classées et traitées différemment en fonction de leur couleur de peau, de leur origine réelle ou supposée, de leur ascendance ou de leur nationalité. C’est ce que les sciences sociales appellent la race sociale : une construction créée par la société, mais dont les conséquences sont bien réelles. Dire que les races humaines n’existent pas ne signifie donc pas que le racisme n’existe pas. Au contraire, cette affirmation est parfois utilisée pour nier ou minimiser les discriminations vécues par les personnes racisées.

Le racisme peut prendre la forme d’une remarque, d’une blague, d’un traitement différent, d’un discours de haine ou d’une agression. 

En Belgique, la loi prévoit trois types d’infractions fondées sur des critères dits « raciaux » :

  • La discrimination : traiter une personne moins favorablement en raison d’un critère protégé, sans justification.
  • Le discours de haine : tenir des propos qui dépassent les limites de la liberté d’expression et incitent à la haine, à la discrimination ou à la violence envers un groupe protégé.
  • Le délit de haine : commettre une infraction (coups, menaces, dégradations…) motivée par la haine, le mépris ou l’hostilité envers une personne en raison d’un critère protégé. 

Les critères raciaux protégés

Une discrimination peut être fondée sur cinq critères protégés, appelés critères raciaux :

  • la prétendue race ;
  • la couleur de la peau : par exemple, les personnes noires ;
  • la nationalité : par exemple, les Néerlandais ;
  • l’ascendance : par exemple, d’origine juive ;
  • l’origine nationale ou ethnique : par exemple, les Roms.

On parle de « prétendue race » parce que, comme expliqué ci-dessus, les races humaines n’existent pas d’un point de vue biologique. Ce terme reste toutefois utilisé dans la loi pour protéger les personnes victimes de racisme.

Les formes spécifiques de racisme

Le racisme peut prendre un nom particulier selon les personnes visées.

Comment le racisme peut-il se manifester ?

Réagir face au racisme

Les conseils généraux pour réagir à une discrimination sont repris dans le document Réagir face à une discrimination.

Face à une situation raciste, sois aussi attentif ou attentive aux points suivants.

Sensibiliser au racisme

Pour les 6-12 ans

Ressources externes

Pour les 12-18 ans

Ressources Les Scouts

Ressources externes

Pour les ados et le conseil d’unité

Ressources externes

  • Cultionary
    Animation inspirée du Pictionnary qui permet de prendre conscience de ses propres stéréotypes et préjugés racistes et de comprendre comment ils se construisent
  • Le guide de l’antiracisme
    Outil pratique pour lutter contre le racisme et les discriminations racistes
     

Toutes les tranches d’âge

Ressources externes

Des ressources pour te soutenir