Scouter au temps du covid-19

Covid-19 : comment Les Scouts prennent-ils leurs décisions ?

Pourquoi notre code couleur est-il toujours le même alors que la situation empire ? Pourquoi les protocoles changent-ils par rapport à ce qui avait été annoncé en début d’année ? Pourquoi des groupes de 50, de 20 ou autre ? Les questions qui nous arrivent sont nombreuses, et il est légitime que vous vous les posiez. Pour que tout le monde y voie clair, voici comment fonctionne les mécanismes de décisions en matière de covid chez Les Scouts. 

Commençons par un petit rappel concernant notre mission de base. Cette dernière est d’offrir du scoutisme aux enfants. C’est notre raison d’être et nous sommes convaincus de son bienfondé et du caractère essentiel qu’elle revêt, surtout à l’heure actuelle. De nombreux experts (délégué général aux droits de l’enfants, divers ministres, pédiatres, ou membres du secteur) soulèvent ce besoin de connexion des enfants, il en va de leur bienêtre.

Bien entendu, nous ne souhaitons pas accomplir cette mission à tout prix ! Oui, nous souhaitons offrir du scoutisme et permettre aux enfants de grandir, mais pas au risque de leur santé physique, c’est pourquoi nous nous basons sur des avis d’experts sanitaires.

Il convient donc de trouver la balance entre santé physique et mentale, entre bienêtre physique et psychologique, ce que nous nous efforçons de faire jour après jour en cette période compliquée.

Les activités que nous autorisons ou interdisons le sont sur base de protocoles que nous recevons de la part de la ministre de la Jeunesse. Ces protocoles sont concertés avec tout le secteur Jeunesse et les réalités diverses de ses acteurs sont prises en compte. Ils sont ensuite validés par des experts d’un point de vue médical (risk management group, task force pédiatrique, virologues…), puis par un volet politique (le CNS et, désormais, le comité de concertation).

Nous recevons donc un protocole qui a été validé par une série d’acteurs estimant que les activités se déroulant dans le cadre prévu et en respect des mesures énoncées se situent dans un niveau de risque acceptable (le risque zéro n’existant pas actuellement car le virus circule partout). Nous « traduisons » ensuite ce protocole dans un langage scout, adapté à nos réalités (de base, le protocole s’adresse à l’ensemble du secteur, aux réalités très diverses). Nous publions ensuite ces mesures à destination de nos membres : c’est le cadre dans lequel doivent se dérouler nos activités pour être : 

  1. dans le cadre législatif défini par la ministre ; 
  2. dans un niveau de risque acceptable défini par les experts.

C’est également le cabinet de la ministre qui nous indique le code couleur que nous devons appliquer. Ce ne sont pas des décisions qui nous reviennent.

Bien sûr, nous ne prenons pas tout ce que nous recevons pour argent comptant, rassurez-vous. Conscients et critiques que nous sommes, nous remettons en question et cherchons à comprendre les directives que nous recevons.

Lorsque des mesures nous semblent disproportionnées, irréalistes ou impossibles à mettre en place, nous cherchons à connaitre l’objectif qui se cache derrière afin de proposer des solutions adaptées à nos réalités

Lorsque des mesures nous semblent inadaptées (par exemple, parce que trop faibles d’un point de vue sanitaire), nous prenons avis auprès d’experts de notre réseau afin qu’ils nous expliquent pourquoi ces mesures sont là. Deux cas de figure se présentent alors à nous :

  • soit l’explication est convaincante et nous pouvons nous-mêmes expliquer cela à nos membres ;
  • soit l’explication ne nous semble pas suffisante et nous pouvons aller plus loin que les prescriptions gouvernementales afin d’assurer une animation qui garantisse la sécurité de tous.

Il faut savoir que le virus circule beaucoup moins parmi les tranches d’âge les plus basses de la population. Les enfants (principalement en dessous de 12 ans) sont donc moins susceptibles de transmettre ou de se voir transmettre la maladie. Lorsque c’est le cas, ils sont le plus souvent asymptomatiques et ne développent pas (ou peu) de formes sévères du covid-19. On ne peut donc pas comparer un enfant à un adulte, ou même un groupe d’enfants à un adulte lorsque l’on compare des mesures de secteurs différents.

Les mesures du secteur Jeunesse prennent largement en compte le fait qu’on s’adresse à un public d’enfants (majoritairement). Les décisions sont dès lors prises en fonction de cette particularité.

En tant que fédération, nous disposons d’une responsabilité de moyens, pas de résultats. Nous ne pouvons pas garantir que la participation à des activités scoutes n’amènera pas l’une ou l’autre contamination, et cela vaut malheureusement pour toute la société. Nous mettons néanmoins tout en œuvre pour éviter les contaminations lors des activités scoutes. Si les règles sont adéquatement suivies, les risques sont minimes. 

La responsabilité des animateurs ne peut être engagée à moins qu’ils aient volontairement cherché à faire tomber des enfants malades, ce dont nous doutons plus que fortement.

Il revient à chacun d’entre nous de prendre ses responsabilités. 

La responsabilité de faire participer son enfant ou pas à une activité scoute reste du côté des parents, qui doivent pouvoir en parler s’ils ne se sentent pas à l’aise et être entendus et respectés dans leur choix.

La responsabilité d’organiser des réunions ou weekends se trouve du côté des animateurs et équipes d’unité. Il n’existe aucune obligation de mettre en place une activité où chacun ne se sent pas à son aise.

Vous l’aurez compris : nous mettons tout en œuvre pour que le scoutisme puisse se vivre dans les conditions les plus sûres, mais nous n’obligeons à rien. Si un parent n’est pas à l’aise à l’idée de mettre son enfant à une activité scoute, qu’il ne le fasse pas. Si un staff n’est pas à l’aise à l’idée de partir en weekend avec son groupe, qu’il n’organise pas ce dernier. Nous respectons et soutenons pleinement ces choix.

Nous restons disponibles pour soutenir les unités dans cette situation difficile et pour répondre à toute interrogation ou interpellation, que celles-ci émanent d’un membre d’équipe d’unité, d’un animateur ou d’un parent.