Je te tends la perche...

Difficile d’imaginer un camp scout sans construction... Car dès que l’on campe un certain nombre de jours au même endroit, s’installer confortablement est nécessaire. Mais qu’advient-il des matériaux quand, quelques jours plus tard, sonne l’heure du démontage ? C’est l’heure du saut à la perche et du saut à la corde parmi des pistes de réflexion !

... saisis-la !

Je te tends la perche...

De l’argent qui part en fumée

Les perches, pour un camp Éclaireurs, représentent un budget non négligeable ! Pourtant, bien souvent, on les transforme en grand feu de camp...

Or, pour avoir une belle perche, il faut laisser l’arbre grandir pendant… plus de 15 ans. Quand la troupe brûle tout en fin de camp, la longévité des perches ne dépasse pas… 15 jours. Mieux vaut réutiliser ou revendre le bois !

Gratuit, c’est moins cher !

Il est possible d'obtenir des perches gratuitement (ou pour pas cher) en trouvant un propriétaire de bois qui voudrait éclaircir une parcelle. Cette solution demande de consacrer du temps pour aller couper les perches avec les scouts, en toute sécurité.

Pour être bien informé des normes et des techniques de coupe, contacte l’agent local du Département nature et forêts de la Région wallonne (DNF) : http://environnement.wallonie.be.

Certains fermiers mettent des perches gratuitement à la disposition des camps s’ils reçoivent en échange un peu d’aide de la part des scouts. Comme, par exemple, l’entretien d’un chemin ou la réfection de clôtures.

À chat perché

Souvent, la solution la plus économique consiste à demander au propriétaire de la prairie s'il peut te fournir des perches. Tu peux aussi prendre contact avec le staff du camp qui te précède pour organiser entre vous un don ou une revente de perches.

Si aucune des deux propositions ci-dessus n’est envisageable, mieux vaut te fournir dans une scierie plutôt que dans un magasin de bois : cela évite un intermédiaire et donc une augmentation du coût.

Pour le transport, cherche un entrepreneur local qui passerait à proximité du camp avec un camion vide (ce qui arrive souvent au retour d'un chantier) et qui pourrait s’en charger.

Le prix des perches

Prix pour des perches d'épicéa de 40 et 59 cm de circonférence, mesurées à 1,50 m du sol et d'une hauteur totale de 8 mètres :

  • Prix moyen d'achat sur pied (toujours planté dans le bois) : 1,25 €
  • Prix moyen d’achat à route (abattu et sorti de la parcelle par un bûcheron) : 2,25 €
  • Prix moyen d’une perche achetée en scierie : 3,10 €

Merci à Yves Lambrecht pour ces informations.

Développement durable

Pour consommer de manière responsable, opte pour des produits labellisés PEFC ou FSC. Ces labels garantissent que le bois provient de forêts gérées durablement, c’est-à-dire d’une manière respectueuse de l'environnement, socialement bénéfique et économiquement viable. Pour plus d’informations, visite les sites www.pefc.be et www.fsc.be.

« Le scout découvre et respecte la nature. » Article 6 de la Loi scoute

Le meilleur moyen de faire des économies... c’est de ne pas dépenser

Prévois des plans à l'échelle pour ne pour ne commander que la quantité strictement nécessaire à tes constructions. C’est aussi l’occasion de construire en miniature avec tes scouts, à l’aide de cure-dents et autres pics à brochettes !

Utilise des matériaux naturels ou de réemploi (palettes non consignées, tonneaux, pierres…).

Évite toute construction inutile ou gigantesque.

« Économisez la petite monnaie et vous aurez de plus gros billets ! » Baden-Powell, Scouting for boys, 1908

Retour sur investissement

 Tu as passé le cap : te voilà propriétaire de perches. Et pour des raisons tant économiques qu’écologiques, tu choisis de les récupérer. Stocke-les bien au sec : trie-les, puis range-les en les isolant du sol à l’aide de palettes. Si elles restent à l’extérieur, protège-les de la pluie pour éviter qu’elles ne pourrissent : utilise des bâches, bien fixées afin qu’elles résistent au vent.

La durée de vie du bois d’épicéa est relativement limitée : après deux ans, les perches qui servent à faire les piliers des pilotis deviennent fragiles et risquent de casser. Réserve-les pour les constructions de moindre envergure et réinvestis dans de nouveaux piliers pour vivre ton camp en toute sécurité.

Certains groupes scouts laissent leur bois dans un coin de la prairie jusqu'à l'été suivant et passent les prendre en allant au camp. Pourquoi pas toi ?

Si tu n’as vraiment pas la possibilité de stocker tes perches, pense à les revendre à un autre staff, à un agriculteur qui pourrait en faire des piquets de clôture, voire à une société de bioénergie (en sachant que le transport vers leur entreprise risque d’être à ta charge).

C’est dans tes cordes

Même combat

 En ce qui concerne la corde, le raisonnement est le même que pour les perches : pourquoi ne pas réutiliser les mètres et les mètres de corde qui assemblent ces belles constructions ? Cela permet d’éviter l’achat de nouvelles cordes et d’alléger le budget…

De plus, sans le rapide coup de hache, mais avec un détricotage patient des nœuds, on dispose déjà de cordes coupées à bonne mesure pour les constructions futures.

Corde en stock

Après le démontage, vérifie l’état des cordes que tu veux conserver : si elles s’effilochent ou si elles sont cisaillées, élimine-les.

Ensuite, fais soigneusement sécher le cordage que tu as rassemblé.

Enfin, reforme de jolies bobines que tu rangeras dans un endroit sec et aéré.

Les cordes ainsi récupérées perdent un peu de leur résistance : veille à les utiliser pour les parties des constructions qui subissent le moins de contraintes.

« On sautait sur les lits... »

Pour construire les lits, plutôt que de les tisser exclusivement à l’aide de cordes, privilégie l’utilisation de morceaux de chambres à air : de cette manière, tu fais du recyclage de longue durée puisque ceux-ci peuvent être réemployés chaque année.

Un autre avantage des chambres à air, c'est qu'elles sont bien plus confortables et "élastiques" que la corde !

« Le bon sens est peut-être la qualité la plus utile et la plus valable que vous ayez dans votre caractère. » Baden-Powell, Paddie your own canoe, 1939